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Victimes d’abus : la CEF réfléchit à un autre nom que Renaître ?

Par Nominoe — 30 juin 2026

Critiqué avec véhémence par les associations de victimes tant pour son nom que la réduction de voilure et d’indépendance par rapport à l’INIRR, le dispositif Renaître censé prendre en charge les victimes d’abus de prêtres et laïcs diocésains après le 1er septembre pourrait changer de nom.

Pour l’heure, la CEF peine à lui trouver un secrétaire général. La fiche de poste est en ligne, et elle vise à trouver, au vu de la longueur du descriptif, une perle rare :

« Le Secrétaire général exerce ses fonctions sous l’autorité du Président de l’Instance.

Une mission de préfiguration
Dans la phase de lancement du dispositif, le Secrétaire général assurera une mission de préfiguration.
Il sera chargé de structurer l’instance nationale à savoir :

  • recruter et constituer l’équipe nationale,
  • définir son organisation interne et ses modalités de gouvernance,
  • établir les processus de fonctionnement,
  • mettre en place les garanties concrètes d’indépendance, les procédures et dispositifs
  • organisationnels notamment la charte éthique et les référentiels d’accompagnement,
  • élaborer et mettre en place le programme de formation des accompagnants,
  • élaborer les processus de supervision et d’échanges de pratiques des accompagnants,
  • constituer le groupe de témoins et lui permettre de transmettre son savoir
    expérientiel.

Cette phase fondatrice est déterminante pour garantir et la crédibilité de l’Instance et son bon fonctionnement dans la durée.

Des responsabilités opérationnelles
Une fois l’instance constituée, ses responsabilités s’exercent dans plusieurs domaines :

Direction et coordination

  • Il assure la direction administrative, organisationnelle et opérationnelle de l’instance.
  • Il encadre l’équipe nationale et assure la coordination fonctionnelle du réseau
  • d’accompagnants, en veillant à la cohérence et à la qualité des démarches restauratives mises
  • en œuvre.
  • Il garantit la mise en œuvre des orientations arrêtées par la gouvernance de l’instance.
  • Il garantit la fiabilité des données, la traçabilité des procédures et la conformité des pratiques.
  • Compte tenu de la sensibilité des sujets traités par l’instance indépendante, il veille à la mise en place d’audits externes réguliers ayant pour vocation d’identifier d’éventuels dysfonctionnements, d’en assurer une relecture critique et objective des pratiques et de permettre une adaptation continue des procédures.

Qualité de l’accompagnement
Il veille à la qualité de la formation des accompagnants ainsi qu’à leur supervision et à la relecture régulière de leurs pratiques, afin de garantir un accompagnement de qualité, éthique et adapté à chaque situation.

Il organise la prise en charge des personnes victimes qui saisissent l’instance, en veillant à ce que chacune bénéficie d’une réponse personnalisée et attentive.
Il garantit la cohérence et la continuité de l’accompagnement proposé aux personnes victimes dans le respect des règles définies et des principes d’indépendance et de confidentialité.

Relations institutionnelles et cadre juridique
Il entretient des relations régulières avec les partenaires institutionnels, les acteurs associatifs, les instances ecclésiales concernées, assurant l’articulation nécessaire entre l’instance nationale et les acteurs de l’Église, dans le strict respect de l’indépendance de l’instance.

Il veille également au respect de l’ensemble des cadres juridiques applicables, garantissant le
traitement confidentiel des sujets sensibles pour les personnes victimes comme pour
l’institution.

Expériences et compétences requises
Formation supérieure (droit, sciences politiques, management, sciences humaines ou sociales).
Expérience significative dans la direction d’une organisation complexe, idéalement dans un contexte institutionnel ou associatif.
Formation et expérience confirmée dans le domaine de la protection de l’enfance et/ou de l’accompagnement des personnes victimes

Management et organisation
➢ Capacité à construire et structurer une organisation, notamment dans une phase de préfiguration exigeante
➢ Expérience dans la direction et la coordination d’équipes pluridisciplinaires
➢ Maîtrise des processus de gouvernance et de pilotage opérationnel
➢ Capacité à mettre en place des dispositifs de supervision, d’audit externe et de relecture des pratiques
➢ Rigueur dans le suivi des procédures, la traçabilité des données et la conformité des pratiques

Compétences juridiques
➢ Bonne connaissance des cadres juridiques liés à la confidentialité, à la protection des données et à la protection des personnes vulnérables
➢ Sensibilité aux enjeux liés à l’accompagnement de personnes victimes de violences sexuelles
➢ Capacité à élaborer et mettre en œuvre des procédures rigoureuses, conformes aux exigences légales

Compétences liées à l’accompagnement des personnes victimes
➢ Bonne connaissance des mécanismes du traumatisme et de leurs effets sur les personnes victimes
➢ Maîtrise des pratiques restauratives et des processus d’accompagnement
➢ Aptitude à former, superviser et soutenir des accompagnants intervenant auprès de publics vulnérables

Compétences relationnelles et institutionnelles
➢ Aptitude à entretenir des relations institutionnelles complexes, tout en préservant l’indépendance de l’instance
➢ Capacité à évoluer dans des environnements sensibles avec une pluralité d’interlocuteurs
➢ Capacité à représenter l’instance avec autorité, discernement et crédibilité

La sensibilité des sujets traités impose une discrétion et une confidentialité absolues. La mission implique également d’être en mesure d’accueillir des récits difficiles sans en être déstabilisé, de faire preuve de discernement et de savoir prendre des décisions dans des situations complexes, ce qui suppose une réelle solidité personnelle.

Et tout ça pour 70.000 euros bruts annuels [jusqu’à 85.000 euros dans une autre version de l’annonce – quelle générosité !] Soit 5000 euros par mois. A peine le salaire de l’évêque de Strasbourg…

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